Please reload

Recent Posts

ID pour que l'année soit belle !

February 3, 2015

1/1
Please reload

Featured Posts

La bienveillance… SI je veux !

February 5, 2019

 

« Aime ton prochain comme toi-même » Injonction de l’enfance portée dans un cadre lui-même bienveillant, un cadre également friand d’injonctions… 

Je n’avais pas trop pris le temps d’en saisir tout le sens à l’époque très honnêtement, et voici qu’elle revient cette injonction sous une autre forme : 

« Sois bienveillant », « le management bienveillant», « parentalité bienveillante »…bienveillance, règle du travail en intelligence collective.

 

Au fil de mes lectures, j’ai pu constater comme vous peut-être, le phénomène de mode autour du mot bienveillance, la présentant un peu trop comme La panacée à mon goût : sois bienveillant et tout ira bien. 

Si ton interlocuteur est odieux, ou fait preuve d’une mauvaise volonté notoire, comme il peut arriver à n’importe quel humain à un instant T, pas de souci, sois bienveillant et tout ira bien… 

Intuitivement, cela ressemble à un raccourci un peu rapide, et ça m’agace. Faire preuve de bienveillance envers l’autre quel que soit son comportement, ce n’est pas aussi simple. L’incantation a ses limites. On n’appuie pas sur un bouton bienveillance pour que ça marche, mais alors comment ça marche ?

 

 

Bienveillance de quoi parle-t-on ?

 

J’avais il y a quelques temps, fait des recherches sur l’étymologie du mot bienveillance :

 

Bienveillance, vient du latin benevolentia (« bien » et « volonté ») et signifie :

Disposition favorable de la volonté (litre.org)

Disposition favorable envers quelqu’un(cnrtl.fr)

Disposition à vouloir du bien (dictionnaire Gaffiot)

 

En cherchant de manière un peu plus poussée, il se trouve que bienveillance a la même racine que bénévolat… caractérisé par la liberté de celui qui en fait preuve : 

 

Bénévole, volontaire, qui fait quelque chose sans y être tenu, et parce qu'il le veut bien(cnrtl.fr), il y a donc plus subtilement dans la notion de bienveillance la notion de « plein gré », « sans obligation » donc la notion de choix.

 

Enjoindre à être bienveillant, revient à nier le droit de chacun au libre arbitre. 

En effet, je choisis cette bienveillance dans mon for intérieur et ce choix ne peut pas m’être dicté : sinon c’est de la manipulation. 

Oui ce for c’est un fort, c’est l’espace où je décide en mon âme et conscience. 

Caprice ? Crise d’ado sur le tard ? Pas sûre, ce n’est pas de la contre-dépendance mais une protection de ma zone libre. Celle où je collabore avec moi-même, celle où je m’accompagne dans mes questionnements, celle où je décide, celle aussi où je me protège. Parfois il peut être pertinent de se protéger, le célèbre monde des bisounours est bien un dessin animé. L’autre n’est pas toujours bienveillant, et faire le choix de la bienveillance dans ce cas est un challenge pour lequel nous ne sommes pas tous équipés pareil !

 

Pour pouvoir décider de se comporter avec bienveillance, encore faut-il savoir en pratique en quoi ça consiste !

Jusqu’à preuve du contraire le gène de la bienveillance n’existe pas, la capacité à être bienveillant est en chacun de nous, et cette capacité se développe plus rapidement par mimétisme :

il est donc important d’avoir eu au cours de sa vie, des proches faisant preuve de bienveillance envers soi, d’avoir pu goûter au plaisir d’interagir en confiance, d’être accueilli et soutenu dans ses actions, dans ses doutes, dans ses fragilités, dans ses erreurs. 

On peut partir du principe que la plupart des humains croisent d’autres humains qui font preuve de bienveillance vis à vis d’eux, mais plus ou moins tardivement dans leur vie, et plus ou moins par intermittences. Moins on est coutumier de ces interactions enrichissantes, plus ce choix de se comporter avec bienveillance sera exploratoire et expérimental.

Le choix de la bienveillance est plus ou moins spontané, et pour qu’il le devienne (je critique l’injonction mais je cautionne le choix de la bienveillance pour permettre le cadre d’une collaboration efficiente), l’important est de s’entrainer.

 

Par où commencer ?

 

Rappelez-vous, « Aime ton prochain comme toi-même », mantra catholique certes, qui donne une piste de réponse : pour aimer son prochain, il est souhaitable de s’aimer soi, or s’aimer soi sous-entend a minima d’être disposé à se vouloir du bien, d’être bienveillant vis à vis de soi. 

Faire preuve de bienveillance vis à vis de soi, c’est le chemin de la bienveillance vis à vis de l’autre…

 

 

Alors comment s’entrainer à la bienveillance avec soi-même ?

 

On s’entraine en se donnant de la reconnaissance au sens où l’entendent les analystes transactionnels, en reconnaissant sa part d’humanité : ses forces comme ses faiblesses, sa part de fragilité comme ses talents.

Le principe du cordonnier le plus mal chaussé fonctionne assez bien pour comprendre que ce sont souvent les plus empathiques vis à vis des autres, qui le sont le moins vis à vis d’eux même (et je sais de quoi je parle ;-)

L’idée est donc de faire avec soi comme on ferait avec son ou sa meilleure amie… Vaste programme, vertigineux penserons certains, peut-être mais ça mérite !

 

Dans l’article de Claude Steiner « l’économie des signes de reconnaissance* » 

(*le signe de reconnaissance, signe qu’on échange afin de reconnaître l’humanité, la présence de l’autre, ou la nier, est en analyse transactionnelle considéré comme le carburant de la relation), 

l’auteur nous sensibilise au fait que nous vivons dans la croyance que l’échange de ces signes de reconnaissance se fait sur un marché en pénurie, que nous aurions à disposition un nombre limité de signes de reconnaissance à disposition dès la naissance, et que leur échange serait soumis à un certain nombre de règles, de croyances et de tabous. 

Compliments, encouragements, écoute, disponibilité, rendre un service,… seraient donc à distribuer avec la plus grande parcimonie, en en gardant toujours un peu sous le coude… 

Or en réalité, vous vous en doutez, le message de Steiner est clair : notre capacité à donner est infinie ! Et nous ne la voyons pas toujours !

Ce qui est ballot dans le fond, car le plus grand risque que l’on prenne à trop distribuer de la reconnaissance positive, serait d’être un peu lourding… La belle histoire !

 

Alors comment en échanger librement de cette reconnaissance et donner ainsi libre cours à sa volonté d’être dans une disposition favorable vis à vis de l’autre et vis à vis de soi ?

  • En se donnant à soi de la reconnaissance, et oui on y revient ! Ex : se dire "j’ai fait du bon boulot" (si vous êtes capables d’argumenter cette reconnaissance, ça n’est pas manquer de modestie).

  • En donnant évidemment aux autres de la reconnaissance, sans se limiter au fait de la penser. Ex : si vous pensez que l’autre a fait un bon boulot, dites-lui sans attendre la fin de la mission ou l’entretien du mois prochain (il ne s’arrêtera pas de bosser pour autant, au contraire.)

  • En demandant la reconnaissance dont on a besoin (plutôt que d’attendre, et prendre le risque que ça ne vienne pas, la demander vous permet d’être fixé sur ce que pense l’autre de votre job).

  • En tant que récepteur de la reconnaissance positive ou négative de l’autre, en se donnant la permission de la refuser et de l’accepter en son for intérieur et idéalement faire part de ce choix à l’émetteur (ce n’est pas parce que vous estimez particulièrement votre interlocuteur ou/et que c’est votre n+1 qu’il a forcément raison).

 

Ces règles ou plutôt ces permissions d’échanger des signes de reconnaissance s’appliquent également aux feedbacks (champ plus restreint des signes de reconnaissance : conditionnels et verbaux). Dans ces deux cadres, ces échanges ont tout intérêt à se faire avec bienveillance. 

Alors à vous d’observer dans quelle disposition vous êtes quand vous donnez, recevez, demandez ou vous vous donnez de la reconnaissance… Il est toujours temps de s’itérer, et ajuster si besoin !

 

La suite au prochain épisode.

 

 

Merci de vous être accordé du temps pour lire cet article. 

You liked it ? Let’s like and share !

 

#AtelierFeedbacksEtEmotions #AtelierCodevEchangeDeFeedbacks #InstallerUneRoutine #AméliorationContinueDeSoi #RépondreàSesBesoins

Envie d'en savoir plus ? Faites-moi signe sur carine@cestunconcept.com 

 

Please reload

Follow Us