Please reload

Recent Posts

ID pour que l'année soit belle !

February 3, 2015

1/1
Please reload

Featured Posts

Et vous ? Pratiquez-vous le consentement par sous-entendus ?

June 10, 2018

 

Prenez 5mn pour lire cet article, il va probablement vous éclairer sur certaines de vos interactions...

 

Ça peut paraître surprenant, consentement et sous-entendu ne faisant a priori pas bon ménage, et pourtant, je pose l’hypothèse ici qu’il nous arrive de consentir par sous-entendus bien plus souvent qu’on ne le pense.

 

Consentir c’est se prononcer en faveur de l’accomplissement d’un projet, d’un acte, etc. http://www.cnrtl.fr/definition/consentir

 

Sous-entendre c’est laisser entendre quelque chose sans l’exprimer explicitement.http://www.cnrtl.fr/definition/sous-entendre

 

J’ai eu l’idée de cette notion de « consentement par sous-entendu » en regardant il y a quelques mois, un documentaire sur France 2 sur le « Sexe sans consentement, la zone grise ». 

 

 

Consentement par sous-entendus, un rituel du jeu amoureux :

 

Dans le jeu amoureux, le sous-entendu joue un rôle important, ingrédient indispensable d’une rencontre toute en subtilité, « parce que c’était lui, parce que c’était moi » écrivait Montaigne. Sorte d’alchimie que l’on ne s’explique pas, qui est, un point c’est tout.

Malheureusement dans les témoignages de ce documentaire, la réalité est tout autre. La magie n’a pas opéré, c’est une dure réalité lourde de conséquences qui l’a remplacée. Ça n’est pourtant pas des cas de viol d’une jeune fille par un sombre et vieil inconnu qui y sont racontés, mais plutôt des cas qui ressemblent étrangement à un viol alors que cela se passe entre une fille de 20 ans passés et quelqu’un de son âge qu’elle a d’abord rencontré dans une soirée, avec qui elle a sympathisé, voir même avec quelqu’un qu’elle connaît déjà très bien, un bon pote !

 

 

Dans ce documentaire, de jeunes hommes d’une petite trentaine d’années, voir moins, y sont interviewés :

-question de la journaliste « comment tu sais qu’une fille a envie de coucher avec toi ?»

-Un 1er jeune homme répond « Beaucoup de signes, les yeux, le regard ».

-Un 2ème : « tout est dans le regard… le eye contact en fait, eye contact bien profond de quelque secondes, j’arrive à traduire « oui » ou « non» ».

-Un 3ème : « si je lui dis « on rentre à la maison ? Et qu’elle me dit « oui, » après pour moi ça veut dire que c’est bon ».

-Un 4ème : « Je pense que ce n’est pas trop facile de dire franchement « on fait l’amour », ou des trucs un peu plus violents, c’est souvent plus sous-entendu on va dire… »

 

 

De l’autre côté, de jeunes filles du même âge, racontent cet instant où ce dont elles ne voulaient pas s’est produit, elles expliquent comment elles ont interprété l’intention sous-entendue de l’autre, et comment à leur tour elles ont sous-entendu leur désaccord. 

Elles ont pour certaines utilisé le langage non verbal, corporel, l’une « en faisant l’étoile de mer », l’autre en restant totalement immobile voir paralysée, … et pour autant ce désaccord sous-entendu n’a pas été entendu par le garçon probablement assourdi par son propre désir. 

 

 

Si le consentement par sous-entendu a sa place dans le rituel du jeu amoureux, alors comment s’assurer d’un consentement clair ?

 

 

 

 

« Qui ne dit mot consent » fait-il partie de notre cadre de référence ?

 

Cet adage « qui ne dit mot consent » semble bien ancré dans notre culture à défaut de l’être dans notre droit français. Cet adage est peut-être une des explications de ces malentendus lourds de conséquences. 

 

 

En effet si cet adage fait partie du cadre de référence* de la personne, alors il va influencer la façon dont cette personne va interpréter un sous-entendu. 

*Le cadre de référence est composé des valeurs, idées et opinions propres à chacun, ce sont les lunettes avec lesquelles on regarde le monde, les oreilles avec lesquelles on entend ce qui s’y passe. Ce cadre est forgé au fil des années par l’éducation que l’on a reçu et ce qu’on a choisi d’en retenir, par les expériences de vie, par les rencontres et interactions qui nous ont marquées, les apprentissages qu’on en a tirés.

 

 

Par conséquent sous-entendre auprès de quelqu’un qui potentiellement ne voit pas et n’entend pas le monde de la même façon, c’est prendre le risque d’un malentendu comme de créer l’opportunité d’une jolie rencontre. 

 

 

Or quand il y a risque ou opportunité, il y a enjeu, et l’enjeu ici est de taille.

Ces témoignages révèlent une réelle méconnaissance de ce qui est en jeu, un brouillage du radar probablement provoqué par la peur et/ou la honte ressentie.

Quelques verbatims, extraits du documentaire, le montrent : « je n’ai pas osé », « j’avais peur de ce qu’il allait penser de moi », « j’ai eu peur de sa réaction », « allait-il devenir violent ? » « allait-il se moquer ? » « si on apprenait à dire vraiment oui, peut être serions plus à même de dire vraiment non »…

La peur de décevoir, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur du « qu'en dira-t-on », la peur « que la situation ne s’aggrave », « la peur de casser l’ambiance », la honte de « ne pas être comme il faut » … 

 

La peur est une réaction face à un danger réel ou imaginaire, et derrière elle, se cache le besoin d’être rassuré(e).

Exprimer sa peur, adapter son comportement en fonction, s’apprend ou s’ajuste à tout âge, il n’est jamais trop tard. En revanche cela nécessite de l’entrainement : comme pour changer n’importe quelle de nos routines.

Cet entrainement commence par s’écouter soi, reconnaître ses peurs, voir sa fragilité pour ensuite être en mesure d’exprimer son émotion et oser demander de l’aide le cas échéant.

Cela sous-entend d’accepter d’être vu dans sa fragilité, dans son humanité, et cela peut représenter un assez gros changement de cadre de référence…

La conséquence de ce changement d’état d’esprit et de comportement, est bénéfique pour soi, et modélisant pour les plus jeunes, qui peuvent en retirer une permission de tenir compte de leur émotion. De manière plus systémique, cette écoute du changement permanent qu’est celui de notre état émotionnel et sa prise en compte, est une excellente base pour s’entrainer à accueillir le changement de manière plus générale.

 

 

Le consentement par sous-entendus dans les relations complices :

 

Cette question du consentement par sous-entendus se pose également quand il y a une certaine complicité entre les personnes. 

Cela peut arriver avec quelqu’un qu’on connaît bien ou quelqu’un qu’on aimerait mieux connaître, sur qui on a un bon a priori. 

Lors d’un consentement pour l’accomplissement d’une tâche familière, récurrente notamment, le consentement par sous-entendus est tentant. Et oui, on se connaît tellement bien… pas besoin de préciser clairement son besoin, ses attentes, ou son accord…idem si on aimerait mieux connaître l’autre, le fait de ne pas préciser ces éléments signifie que la complicité est déjà là…  

Le consentement peut alors être donné via un simple regard, un geste de la main, un sourire, une réponse décalée, ou encore juste le fait de s’y mettre, de faire ce que l’autre attend de moi. C’est presque magique.. Aucun accord verbal n’a été prononcé.

Pour illustrer mon propos, pensez à une activité que vous faites habituellement avec un binôme que vous connaissez bien, en qui vous avez confiance. 

Imaginons que cette activité ait lieu tous les jeudis, l’animation d’une réunion par exemple. 

Votre binôme vous dit « au fait je ne serai pas là jeudi prochain ».

Vous répondez « ok ».

Il y a fort à parier que le sous-entendu de votre interlocuteur était « donc je ne pourrai pas animer avec toi jeudi, et je compte sur toi pour que tu t’en charges seul(e). »

Votre « ok » n’est pas un « ok je prends l’info telle qu’elle est : tu ne seras pas là jeudi » mais potentiellement un « ok, compte sur moi pour animer seule la réunion pas de souci. »

 

Quel beau témoignage de complicité, de confiance, de relation fluide !

 

Oui mais… ça ne marche pas à chaque fois et ce pour plein de raisons : 

1/ peut être avez vous rêvé cette belle complicité, votre interlocuteur n’interprète pas du tout comme vous l’aviez prévu, il est urgent de mettre les pieds dans le plat et clarifier vos besoins, vos attentes, ou encore les conditions de votre consentement.

2/ La complicité est là mais à force de sous-entendre la demande et sous-entendre le consentement, cette complicité est mise à rude épreuve, les service rendus ne sont pas reconnus à leur juste valeur, un déséquilibre s’installe, et potentiellement un certain agacement face à cette façon de procéder.

3/ Enfin votre interlocuteur joue sur cette apparente complicité pour ne pas avoir à vous demander clairement ce dont il a besoin de votre part, tout simplement parce qu’il ne sait pas demander et compte sur votre bonté naturelle pour interpréter ce qu’il y a à interpréter et faire le job. 

4/ Et il y a sûrement plein d’autres raisons...

 

A vous, selon la situation de jouer le jeu ou pas. Si vous décidez de ne pas le jouer, il est chaleureusement conseillé de ne pas sous-entendre quoique ce soit, et plutôt de clarifier le sous-entendu comme dans l’exemple ci-dessus par un « Et donc ? Quelqu’un te remplace pour présenter avec moi ? ».

Casser une habitude, une routine nécessite de poser clairement un nouveau cadre, et donc verbaliser l’ajustement.

 

Je pose l’hypothèse qu’en général il peut être opportun de 1/ clarifier la demande, 2/ se demander ensuite si j’accepte ou pas, puis 3/ donner ou non son consentement de manière claire.

 

 

 

Pistes d’amélioration pour mieux éviter un malentendu : 

 

  • Qui dit peur, dit évaluation du risque puis arbitrage entre le risque d’aboutir à un malentendu et le risque de rompre le charme de la complicité. 

En réalité c’est un arbitrage assez simple : si clarifier la demande rompt la complicité, c’est qu’elle n’était qu’apparente. Rompre quelque chose qui n’existe pas ne présente aucun risque si ce n’est celui d’être déçu(e). Prendre le risque d’un malentendu, c’est tout autre chose.

 

  • Etre à l’écoute de ses propres besoins et vérifier si ce consentement flou me fait prendre un risque. Voir si ce risque est acceptable ou pas est un bon moyen d’évaluer s’il est nécessaire de clarifier ce sur quoi porte le consentement. 

 

  • Se donner la permission de verbaliser son inquiétude ou son doute et demander de la réassurance.

 

  • Faire preuve d’empathie « faculté intuitive de percevoir ce que la personne ressent », vis à vis de soi et vis à vis de l’autre.

 

  • Une autre piste suggérée par un des témoins du documentaire, est de commencer par s’entrainer à dire oui dans des situations sans enjeu. Des situations où justement n’ayant pas d’enjeu le oui se fait habituellement par sous-entendu…, le remplacer par un vrai oui assumé c’est une nouvelle habitude, une nouvelle routine à installer. 

 

Pourquoi faire ? Pour prendre l’habitude de se poser la question de « est ce que je suis d’accord ou pas » et d’exprimer sa réponse clairement, routine essentielle à installer. En effet en situation de stress, si cette routine est installée, elle sera activable sous tension…

 

 

Consentir par sous-entendus, pourquoi pas mais en conscience !

 

Voilà quelques pistes pour « faire différemment », à expérimenter dans une multitude de contextes pro et perso.

Et vous, où en êtes-vous ? Quelle serait la prochaine occasion de dire vraiment oui ou non ? 

Vous pouvez témoigner de vos expérimentations sur le forum https://www.cestunconcept.com/forum

Vos réussites, vos plantages, vos doutes et questionnements y sont les bienvenus, je tâcherai d’y apporter un éclairage si vous le souhaitez.

Pour vous familiariser avec vos routines et diagnostiquer celles qui vous servent ou vous desservent, il y a

le Cube de Emotions, outil d’auto-coaching.https://www.cestunconcept.com/le-cube-des-emotions

Bonne expérimentation !

 

#LeCubedesEmotions #AutoCoaching #CestUnConcept #ItérationComportementale

 

 

 

https://www.france.tv/documentaires/societe/427249-sexe-sans-consentement.html